362 000F / TC 20′ down
Dakar Diourbel
105 000F / TC 40′ down
Dakar Zone 1
1 850 000F / TC 40′ up
Dakar Ziguinchor
442 000F / TC 40′ down
Dakar Kaolack
520 000F / TC 20′ up
Dakar Tambacounda

Pourquoi la crise sanitaire met-elle le transport maritime en surchauffe ?

By Admin | Dated: 18 May 2021

Le commerce maritime est profondément désorganisé depuis plus d’un an. Les prix du fret ont explosé, les retards s’accumulent dans tous les grands ports de marchandises.

Si le blocage de l’Ever-Given dans le canal de Suez a marqué les esprits en mars dernier, l’événement n’est que le symptôme d’une désorganisation plus profonde du secteur du fret maritime.  Depuis la reprise de l’économie mondiale cet été, une cascade d’événements plus ou moins imprévus par le secteur fragilise de nombreuses chaînes d’approvisionnement. Et on assiste à une flambée inédite des prix des conteneurs, ces caissons métalliques emblématiques de la mondialisation qui ont, depuis quelques mois, quasiment quadruplé. Au premier trimestre 2020, la crise sanitaire frappe durement l’Asie et l’onde de choc se répand en Europe et aux Etats-Unis. Partout, les mesures de restrictions sanitaires font dévisser les volumes de production de biens et services et le commerce mondial connaît une chute historique. Devant l’ampleur du choc, le marché du fret maritime s’organise. Les transporteurs et producteurs de conteneurs réduisent de 30 % leur flotte sur les routes commerciales. Les navires restent ancrés au large des ports peu chers comme Aberdeen en Ecosse. Les conteneurs ne sont pas ramassés et s’empilent, vides, dans les grands ports de fret. Face au choc, les grandes entreprises du secteur stabilisent les prix en réduisant l’offre de conteneurs, une stratégie facilitée par de multiples regroupements ces dernières années.
 

Rebond de la demande mondiale

Par la suite, la demande mondiale enregistre un rebond inattendu dans son intensité. Les plans de relance massifs engagés par les Etats-Unis et l’Europe provoquent une forte demande de biens, notamment électroniques. L’épargne accumulée par les ménages et le recours massif au télétravail favorisent l’essor de l’e-commerce. Américains et Européens commandent en ligne du matériel essentiellement assemblé en Asie. Après plusieurs mois de réduction de leurs commandes, les entreprises entament un restockage important afin d’anticiper la reprise. Mais les transporteurs, qui craignent une reprise en « feu de paille », ne relancent leurs liaisons que très progressivement. Cette prudence entraîne une pénurie de conteneurs et mécaniquement une flambée des prix. Actuellement, le prix d’un conteneur équivalent quarante pieds, unité standard, se négocie autour de 5 000 dollars (4 100 euros) en moyenne, soit une hausse de 234 % par rapport à 2019, selon le cabinet de conseil maritime Drewry. L’indice World Container Index montre une progression continue des tarifs dès le deuxième trimestre 2020. Ce sont surtout les prix du marché du « spot » qui se sont envolés, c’est-à-dire les contrats qui se négocient à chaque expédition et non pas à long terme.
 
 

Une production trop faible

Les déséquilibres sur les prix s’amplifient par le fait que la production de nouveaux conteneurs est trop faible par rapport au nombre de conteneurs jetés tous les ans. En effet, constamment sur la route, ils s’usent vite et ne restent en circulation qu’une quinzaine d’années, en moyenne, avant d’être recyclés. Si la croissance de la production (entre + 6 % et + 8 %) est certaine pour 2020, elle n’arrive pas à compenser les mises au rebut. Il en résulte un recul du nombre de conteneurs, accentué par les effets en décalage des ralentissements de la production en 2019.

Un ralentissement de la production de conteneurs dans le monde

L’accélération de la production est impossible, les trois principaux fabricants chinois de conteneurs faisant face à une pénurie d’acier et d’aluminium. La crise sanitaire a, là aussi, joué un rôle majeur. Sans visibilité sur le marché, les aciéristes ont relancé tardivement une production généralement lente à retrouver son rythme de croisière. Sauf qu’entre-temps, la reprise chinoise a boosté la demande de métaux. Pour beaucoup d’observateurs, ce déficit d’offre par rapport à la demande devrait encore se prolonger cette année car la reprise est maintenant mondiale.

Des bouchons dans les ports

Au-delà des déséquilibres entre offre et demande, la crise sanitaire a provoqué une désynchronisation inédite des rythmes de travail entre les partenaires économiques. Si l’Asie a été la première touchée par la pandémie, elle a en revanche rebranché plus rapidement sa machine économique. Ainsi, alors que la Chine reprend ses exportations, l’Europe et les Etats-Unis sont encore confinés. Conséquence : les ports américains et européens sont frappés par une pénurie de main-d’œuvre de dockers ou de camionneurs. Les ports n’ont plus la capacité et finissent submergés par la reprise de l’export asiatique.Les retards s’accumulent avec des effets domino à la chaîne. La pénurie de camionneurs désorganise les lignes de transport intérieur, les conteneurs déchargés reviennent moins rapidement au port pour y être chargés à nouveau. Résultat : des dizaines de navires porte-conteneurs stationnent au large du port d’Anvers ou de Los Angeles dans l’attente d’y être déchargés.
L'EQUIPE SMARTCARGO
PREMIERE BOURSE DE FRET DU SENEGAL
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Source: Le Monde
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